Il y a en tout cas un consensus de tous les scientifiques sur la question :
« On détecte l’influence des activités humaines dans le réchauffement de l’atmosphère et de l’océan, dans les changements du cycle global de l’eau, dans le recul des neiges et des glaces, dans l’élévation du niveau moyen mondial des mers et dans la modification de certains extrêmes climatiques. On a gagné en certitude à ce sujet depuis le quatrième Rapport d’évaluation. Il est extrêmement probable que l’influence de l’homme est la cause principale du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle. »   (rapport GIEC à l’intention des décideurs, page 15)

Chacune des affirmations du rapport du GIEC est accompagnée d’une évaluation de la probabilité, comme dans tout rapport scientifique.  Par exemple « extrêmement probable » veut dire entre 95 et 100% de probabilité. Les évaluations des climatologues sont donc très prudentes.

Si je vous dis qu’il y a une chance de 20% que votre maison va brûler, que faites-vous ? Vous évacuez au cas où, ou vous restez car finalement il est tout à fait possible que ça ne brûle pas ?

Ici on est sûr à 95% que la maison est en train de brûler, mais on ne peut pas évacuer. Evidemment il y a 5% de chance que ça soit faux, et il y a certainement quelques incertitudes dans les prévisions de détails, mais est-ce assez pour ignorer le problème ?


Un manque d'avis critiques ?

Le 2 septembre 2014, le journal Le Temps cite dans son article « Les Jeunes UDC s’attaquent aux professeurs taxés de gauchisme » les propos d’un internaute : « Ce livre partial part du principe que le changement climatique est un fait avéré, sans donner la parole à des voix critiques ».

Il y a ici une confusion entre opinion politique et résultat scientifique.

Si j’affirme que « L’économie Suisse ne peut pas supporter un salaire minimum de 23 francs  à l’heure », je suis dans le domaine de l’opinion politique – je ne sais pas quelles seront les conséquences réelles pour l’économie d’une telle mesure, et aucun économiste ne peut me l’affirmer de manière certaine. Il y a donc sujet à débat, et il est intéressant de donner la parole à des « voix critiques ».

Dans le cas du réchauffement, nous avons affaire à un résultat scientifique, qui est résumé dans l'étude du GIEC. Bien entendu, les études scientifiques peuvent aussi se tromper, mais dans ce cas seul un autre scientifique est à même d'étudier les conditions exactes de l'expérience, les biais éventuels, etc. - ou de refaire les mêmes calculs de manière indépendante.

Dans le cas du réchauffement, c'est précisément la mission du GIEC, et après toutes les études, les scientifiques confirment l'hypothèse d'un réchauffement causé par les gaz à effet de serrre.  (97% des publications scientifiques sont de cet avis)


Une analogie avec le tabac


Lorsque les médecins affirment que « Le tabagisme est la cause du cancer du poumon dans 90% des cas », il s’agit d’un résultat d’études statistiques sur de multiples cas de maladie, confirmé par une étude scientifique de la relation cause – effet entre tabac => mutation génétique => déclenchement du cancer. Il ne s’agit pas d’une opinion politique, mais d’un résultat scientifique. Le débat politique commence lorsque on discute des actions à prendre : interdire ou non la fumée dans les lieux publiques, préventions dans les écoles, publicité de la cigarette, etc.

Pourtant l’industrie du tabac réfutait dans les années 50 la nocivité du tabac. Il est parfois plus simple de remettre en question la science que d’accepter les mesures politiques qui s’imposent…

Sommes-nous sûrs ?

Association Climat Genève